Fact-Checking

Les faits face aux rumeurs

Réponses documentées aux principales accusations portées contre Macky Sall.

Depuis son départ du pouvoir en avril 2024 et l'annonce de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies, Macky Sall fait l'objet d'une campagne de dénigrement systématique, orchestrée en partie par le Pastef, parti d'Ousmane Sonko, actuel Premier Ministre du Sénégal. Cette section rétablit les faits, point par point.

01

La prétendue « dette cachée »

Ce qui est allégué

Les nouvelles autorités sénégalaises accusent l'administration Macky Sall d'avoir dissimulé une « dette cachée » et se sont placées sur cette base sous programme du Fonds monétaire international.

Les faits

Macky Sall a fait de l'accès des pays du Sud global aux mécanismes de financement internationaux l'un des axes majeurs de sa campagne pour les Nations Unies. En quittant le pouvoir en avril 2024, il a laissé le Sénégal avec un taux d'endettement largement inférieur aux standards occidentaux, en dépit d'investissements massifs rendus possibles par une gestion solide, alors saluée par l'ensemble des organismes financiers internationaux. Les nouvelles autorités ont fait le choix de se placer elles-mêmes sous programme du Fonds monétaire international en alertant sur une prétendue « dette cachée », afin de faire croire à leurs partisans que leur incapacité à gouverner relevait de la responsabilité de l'administration précédente. Rappelons que le cadre institutionnel rend toute dissimulation impossible : chaque emprunt obéit à une procédure stricte associant, entre autres, la Cour suprême et la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Les chiffres de la croissance et des investissements entre 2012 et 2024 attestent d'une gestion rigoureuse, responsable et orientée vers le développement.

02

Les tentatives d'insurrection

Ce qui est allégué

L'actuel Premier Ministre Ousmane Sonko et ses relais évoquent des « manifestations » réprimées dans le sang sous la présidence de Macky Sall.

Les faits

Contrairement aux allégations de l'actuel Premier Ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et de ses relais, il n'y a jamais eu de « manifestations » réprimées dans le sang au Sénégal. Condamné par la justice en 2023, Ousmane Sonko a porté ses partisans à l'incandescence et tenté d'organiser une insurrection armée pour prendre le pouvoir par la force. Plusieurs dizaines de Sénégalais ont perdu la vie lors de ces émeutes. Ousmane Sonko s'est publiquement réjoui de ces morts, censés « affaiblir » Macky Sall sur le plan intérieur comme sur la scène internationale. De manière plus cynique encore, il a encouragé les mères des familles endeuillées à faire davantage d'enfants pour compenser la perte de ceux qu'il appelle ses « martyrs ».

03

Le report de l'élection présidentielle pour une transition apaisée

Ce qui est allégué

Macky Sall aurait tenté de se maintenir au pouvoir en reportant unilatéralement l'élection présidentielle du 25 février 2024.

Les faits

L'élection présidentielle initialement prévue le 25 février 2024 a été reportée d'à peine un mois, sur fond de conflit entre l'Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel. Ce délai a été proposé par l'Assemblée nationale elle-même, et non imposé par une décision unilatérale du Président Macky Sall. Conformément à l'esprit des institutions sénégalaises, le litige a été tranché par le Conseil constitutionnel, qui a invalidé le décret de report. Macky Sall s'est scrupuleusement conformé à cette décision. Le 2 avril 2024, il a transmis le pouvoir au candidat démocratiquement élu, Bassirou Diomaye Faye, et assuré une transition apaisée.

04

Un candidat soutenu par l'Union africaine

Ce qui est allégué

La candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l'ONU serait rejetée par l'Union africaine.

Les faits

La candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies est soutenue par près des trois quarts des États membres de l'Union africaine. Un nombre limité d'États a exprimé des réserves. Leur position procède moins d'une appréciation du profil du candidat que d'équilibres régionaux préexistants : en Afrique de l'Est, des dynamiques propres à la Région des Grands Lacs ; en Afrique du Nord, des rivalités de leadership qui structurent l'espace maghrébin ; en Afrique de l'Ouest, des logiques de concurrence pour l'influence régionale. Aucune de ces réserves ne porte sur les qualifications, l'expérience ou le bilan institutionnel de l'ancien Président sénégalais.